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À Boeschèpe, un Lillois crée un musée pour rappeler le temps où l'on « regardait la radio »

 

samedi 21.01.2012, 05:22- La Voix du Nord

LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ

 

Didier Parent les collectionne depuis vingt ans. Et il connaît leur histoire par coeur. Alors, s'est-il demandé, pourquoi ne pas exposer sa collection pour raconter les 100 ans de cet objet qui est désormais dans toutes les chaumières, dans les voitures, les téléphones portables et même parfois les baladeurs ? Sans argument contre son envie, le Lillois s'est lancé. Cet été, Boeschèpe verra naître un musée de la radio.

PAR LUCIE DELORME

lille@lavoixdunord.fr

 

En vingt ans, Didier a eu le temps d'amasser beaucoup de spécimens, 1 200 postes de radio au total. « C'était dommage, ils étaient stockés, mais personne n'en profitait, raconte-t-il. L'idée d'un musée germait en moi. J'ai longtemps pensé qu'elle était irréalisable.

» Mais en septembre, il a pris la décision. Le musée existera, même s'il faut s'excentrer un peu par rapport à son domicile. Car ce jeune retraité, anciennement dans la maintenance de télévisions, habite Lille. Mais il a des attaches à Boeschèpe, et surtout, il a eu l'opportunité.

 

Ancienne boucherie

 

Comme il ne pouvait pas tout faire seul, il a créé une association, composée de membres « qui acceptent de porter mon projet ». Et parmi les nouveaux adhérents, l'un a un local à Boeschèpe, au 26, rue de Poperinge. Cette ancienne boucherie de 100 m² tape dans l'oeil de Didier et, très rapidement, l'équipe commence à repeindre, à retaper ce vieux local commercial. Peu à peu, le passionné y amène ses précieux objets. « J'ai des postes de 1923, des débuts de la radio en France », décrit-il. Si quelques pièces viennent d'ailleurs, l'essentiel de sa collection est certifié « made in France ». « Entre les années vingt et maintenant, il y a eu 30 000 types de postes différents, issus de 3 000 fabricants, rien qu'en France », développe-t-il. Des chiffres à donner le tournis. Et Didier prévoit d'exposer seulement quelques centaines de ses radios, faute de place.

Il sera possible de visiter les lieux avec un guide, manifestement Didier lui-même, qui retracera l'histoire de la radio, véritable « vecteur de communication » du XXe siècle. « Au début, la radio avait un but purement militaire, résume le retraité. Elle a été beaucoup utilisée pendant la guerre de 14-18. Puis dans les années vingt, elle a trouvé une autre fonction. »

 

Radio Tour Eiffel

 

Ce sont des structures privées qui ont pris le contrôle des ondes. « Il y avait Radiola à Paris, Radio Paris, Radio Tour Eiffel... Puis RTL est arrivée en 1933. Un ancien m'a un jour raconté que sa famille s'asseyait autour de la radio pour l'écouter. Il m'a dit : "On regardait la radio". » Puis, les ondes ont fini par être contrôlées par l'État, jusqu'en 1981, avec la loi sur les radios libres. Une histoire qui tient à coeur à Didier, et qu'il prendra plaisir à raconter à qui voudra, en se promenant au milieu des transistors, phonographes et autres ancêtres des technologies actuelles. Des instruments d'un autre temps qui fonctionnent tous, grâce aux soins que Didier leur a apportés. « J'ai ça dans les veines, c'est l'occasion d'en faire part aux autres », avance-t-il, dans un sourire. Ce musée est un moyen pour lui de sauvegarder l'histoire. « Quand les pionniers de la radio vont disparaître, il faudra bien que quelque chose puisse relater cette époque !

Tiré du site de la Voix du Nord